L'IDENTITE TPE en France

L'IDENTITE TPE en France

L’identité « TPE » (Très Petite Entreprise) est moins une réalité vécue et reconnue, qu’un « Acronyme » récité et accrédité de manière savante et entendue par ce monde dit de l’ECONOMIE au sein duquel tout est confusément mélangé à savoir artisanat, auto- entrepreneur, micro-entreprise, start-up, PL, PME, PMI, ETI, GE etc .
Ce faisant, ceux qui le déclinent à l’envie et le nomment ainsi ont le sentiment d’avoir la vérité de la « Science Economique » et une connaissance attendue et entendue de ce qu’ils appellent avec suffisance, l’ECONOMIE…
Ce faisant, on oublie sciemment ainsi avec une parfaite insolence la et/ou les différences qui sont propres à ces catégories d’entreprises et de leurs entrepreneurs au point que l’on fabrique et produit les facteurs et paramètres qui freinent et calaminent ce monde des entreprises, « graine de PME ».
Ce faisant, le système législatif, légal, juridique est écrit selon une verticalité et « ruisselle » sur du haut vers le bas, sans respect des formes, dimensions, statuts, contraintes économiques, techniques, technologiques, humaines de chacune.
Ainsi donc, on oublie trop souvent la force, l’impact, le potentiel, la ressource , la puissance exponentielle de développement d’un point de vue économique, social, humain dans l’économie toute entière d’un pays…
La Dynamique TPE
L’artisanat est la première entreprise française ? comment alors ne pas penser à développer, soutenir, accompagner l’APPRENTISSAGE.
En effet si la TPE est graine de PME, l’Apprentissage est source de TPE.

Selon L’Insee : « En 2012, en France, 3,3 millions d’unités légales exercent une activité dans les secteurs principalement marchands, hors agriculture et services financiers., Parmi elles, 2,1 millions, soit les deux tiers, sont des très petites entreprises (TPE) emploient 2,3 millions de salariés, soit 19% des effectifs du champ principalement marchand non agricole et non financier ; elles emploient moins de 10 salariés, n’appartiennent pas à un groupe ( sauf s’il s’agit d’un groupe de type microentreprises au sens de la LME et ont un CA ou un total de bilan inférieur à 2 millions d’euros et dans cet étude ne relèvent ni du statut d’auto-entrepreneur, ni du régime fiscal de la microentreprise, ces dernières étant économiquement très à part... Elles réalisent 477 milliards d’euros de CA et elles représentent 168 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 17 % de celle des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers. Par leur valeur ajoutée, elles contribuent pour 9 % au produit intérieur brut national s. Les 55 % de TPE sas salarié génèrent de faibles chiffres d’affaires. Les TPE sont principalement dans le commerce, la construction et les services aux entreprises. La majorité d’entre elles ont opté pour le statut juridique de société à responsabilité limitée ».

Plus de la moitié des TPE n’emploie pas de salarié
En 2012, 55 % des TPE n’ont pas de salarié et 18 % n’en emploient qu’un. Parmi les 1,2 million de TPE non employeuses, une sur deux réalise moins de 41 400 euros de chiffre d’affaires et une sur quatre, moins de 17 400 euros.
Les TPE sont quasi inexistants au niveau de l’exportation : elles représentent moins de 3 % des exports du champ principalement marchand non agricole et non financier. Leur poids dans l’investissement est modeste (17 %).
En 2012, comme en 2011, plus de la moitié des TPE (55 %) n’a pas réalisé d’investissement. Sur quatre ans, de 2009 à 2012, 43 % des TPE non employeuses n’ont réalisé aucun investissement contre 12 % des employeuses. À l’opposé, 30 % des TPE employeuses ont investi les quatre années consécutives contre 9 % des non-employeuses. ».
La majorité des TPE (54 %) a le statut de société à responsabilité limitée. Cette catégorie juridique est d’autant plus fréquente que l’unité légale est grande : 42 % des unités non employeuses, 74 % des unités employant 3 à 9 salariés. Un quart des TPE a un statut d’artisan ou de commerçant, 6 % un statut de profession libérale et 5 % un statut d’autre personne physique. Ces deux derniers statuts sont utilisés pour l’essentiel par des structures sans salarié.

Plus d’un TPE sur cinq est dans le commerce. De manière générale, les TPE sont tournés vers l’économie locale.
Elles oeuvrent notamment dans le commerce (22 % des TPE), les services aux entreprises (20 %) et la construction (17 %). Même si l’industrie est traditionnellement associée à de grosses usines, 7 % des TPE, soit plus de 150 000 unités, y exercent. Elles interviennent notamment dans la fabrication de produits de boulangerie-pâtisserie et de pâtes alimentaires (35 000 unités), la production, le transport et la distribution d'électricité (14 600), l’imprimerie (10 000), la réparation d’ouvrages en métaux, de machines et d’équipements (9 800). »
Parmi les TPE employeuses, un quart a une valeur ajoutée par salarié inférieure à 46 000 euros (1er quartile), la moitié a un ratio inférieur à 96 000 euros (médiane) et un quart a un ratio supérieur à 190 000 euros (3e quartile). Ces seuils répartissant les unités sont assez proches dans plusieurs secteurs. La valeur ajoutée par salarié médiane culmine dans l’industrie et les services aux entreprises (120 000 euros) et est la plus faible dans l’hébergement et la restauration (80 000 euros) et les services aux particuliers
(60 000 euros). Le secteur le plus disparate (au regard de l’écart entre les 1er et 3e quartiles) est celui de l’information et de la communication ; le plus homogène est celui des services aux particuliers. ».
A la lecture de cette petite étude, il faut se rendre à l’évidence compte que ces entreprises sont issues de la seule initiative, la volonté, et la motivation d’un homme et/ou d’une femme plus ou moins doué et/ou doté d’une expertise métier autoproclamée, s’appuyant sur un comportement individualiste fort et déterminé à jouer son va-tout, et en découdre seul ….
Ces entreprises individuelles et fort personnalisées sont souvent, mises en oeuvre et créer avec une idée de faire son job autrement qu’on le ferait dans une structure un peu trop étouffante et castratrice, et dont le management est indigent ou absent…
Quand elles sont artisanales (savoir-faire métier/compétence au sens manuel) elles ne sont souvent que dans la prestation de services au particulier (dépannage, installation, bricolage lourd ou léger, entretien, maintenance même sophistiquée, conseil, assistance etc..), et/ou service de sous-traitance pour PME et autre…
Sinon elles sont la plupart commerciales dans tous les domaines des besoins du marché local ou régional, ou prestation de services dans le domaine sociale, et/ou aux entreprises (communication, publicité, marketing, recrutement, formation, coaching divers etc… Donc ces entreprises ne peuvent qu’être de proximité pour la plupart, et sont toujours souffrantes de capitaux… Donc manque de fonds propres, de Moyens matériels…

Il est aussi à noter que ces Chefs de TPE, s’ils ont pris les risque d’entreprendre, c’est souvent pour mieux exprimer avec liberté leur expertise métier. Ils deviennent des Patrons certes, mais restent parfois pour beaucoup plus des experts-métier artisans qu’ils ne sont des « MANAGERS » dotés d’une vision prospective stratégique durable et peuvent avoir une durée de vie courte… c’est aussi ce qui fait le « Cimetière » de ces entreprises qui très vite végètent et se perdent… Nous sommes sur un marché d’entreprises plus individuelles que source véritable de futures PME comme le voudrait démontrer le dicton d’Yvon Gattaz, mais pas que….

Nous sommes ainsi dans une économie qui, quelle que soit les libertés possibles, plausibles, potentielles, est moins libérale que l’on tend à s’en vanter et/ou que l’on prétend. En outre, nous sommes quelque peu victime de cette pensée » Keynésienne » dont l’idée maîtresse est que l’intervention de l’État peut stabiliser l’économie. En conséquence une économie, assistée, qui se nourrit de l’impôt… Le fil conducteur de cette théorie, à laquelle Keynes a donné son nom, est que la demande globale — la somme des dépenses des ménages, des entreprises et de l’État — est le premier moteur de l’économie …De même cette culture bien française du syndrome de « tuer dans l’oeuf » et nuire et réduire à néant le riche pour enrichir le pauvre, puis « guillotiner » celui-ci parce que devenu capitaliste, nécessairement véreux est a la vie dure…Ainsi donc la T.P.E. doit supporter des charges de plus en plus lourdes et ineptes tant elles sont issues d’une économie sociale assistée dont les règles sont faites et édictées sur le modèle de l’ETAT- Patron… ; temps administratif et charges financières directes(cette évolution risque d’ailleurs d’entraîner un certain nombre vers la dérive du travail au noir, d’ailleurs ça se perpétue quoi qu’on en dise !)

Elle peut rarement s’offrir les services de grands diplômés, elle ne les attire même pas…
Etant individuelle ou quasi, du fait de la concentration de ses compétences détenues par le chef de TPE, elle est par définition fragile et vulnérable ; elle repose sur un seul homme.
Elle dispose d’une marge de manoeuvre financière étroite, comme développé plus haut, ce qui limite d’autant ses capacités d’investissement et de développement à moyen et long terme.
Elle est plus souvent en situation de survie.


En résumé, la TPE est quelque peu paradoxale :
Partant d’une compétence mono-professionnelle, son développement appelle ensuite un profil plus généraliste… plus managérial…
Individualiste, elle a plus besoin de son environnement de proximité qu’une entreprise de taille supérieure (+20).
Bien que représentative, elle n’est pas toujours prise en compte dans son originalité et ses spécificités économiques et sociales.
Elle est reconnue dans ses spécificités propres…. Mais doit toujours défendre individuellement sa légitimité
Sur le plan économique, elle représente une richesse et une création d’emplois considérables, si son chef créateur est doté d’une vraie dimension de manager, alors qu’elle n‘influe que de façon marginale sur l’évolution de son environnement.

En conclusion,
La T.P.E. Un membre à part entière du tissu économique et social local et régional… On regrette la disparition des métiers…. Mais on laisse perdurer les facteurs de fragilisation de nos T.P.E. 

article rédigée par GUY MORENO – Clinicien d’entreprise - Président de CNTPE


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